Bernard Moninot

 
Bernard Moninot

©Sarah Moon

Exposition passée

Du 23 Juin 2012 au 06 Janvier 2013

Dessins dans l’espace

Bernard Moninot est né en 1949 à Le Fay (Saône-et-Loire) en France. Il vit et travaille au Pré Saint Gervais et à Château Chalon. Depuis les années 1970, il pratique le dessin et la gravure et enseigne aujourd’hui à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. L’atelier de Bernard Moninot évoque un cabinet de travail humaniste, le fameux studiolo des princes de la Renaissance, dans lequel étaient conservés et représentés les instruments d’observation et de mesure de l’espace et du temps. Son atelier relève aussi du laboratoire, dans lequel il recueille, observe et étudie des éléments du monde extérieur, cherchant inlassablement à faire apparaître des phénomènes invisibles tels que le vent, ou le silence. Ainsi le dessin révèle-t-il, à la manière d’une plaque sensible, ce qui échappe au regard.

En 2009, au cours d’un rêve, Bernard Moninot visite l’atelier d’un artiste inconnu dont l’oeuvre est une « sculpture de silence ». Cet atelier est entièrement vide. A son réveil, il décide de donner une forme à cette idée poétique et de réaliser cette oeuvre impossible. Pendant plusieurs années, il trace méthodiquement sur des carnets à dessin des combinaisons de formes évoquant le son et le silence. Ces dessins réalisés sur papier sont ensuite transposés dans l’espace, en trois dimensions, sous la forme de trois installations qui sont autant d’états successifs de ce travail prospectif :

Objets de silence constitue une première tentative de représentation visuelle du silence. Des sonogrammes du mot « silence » sont mis en relief avec de la corde à piano et enfermées dans des vases en verre. Ces objets sont présentés dans une chambre de soie translucide.

Silent-Listen est un dessin dans l’espace, constitué d’objets tels que cymbales, bandes magnétiques, diapasons, et de représentations des sonogrammes, dont les ombres portées envahissent les murs environnants.

Antichambre est une oeuvre suspendue, qui tourne sur elle-même tel un satellite lancé dans l’espace et dont la simple révolution n’aurait d’autre fonction que l’apparition, l’allongement, la déformation et la disparition des ombres et des reflets qu’il génère.

Ces trois oeuvres de silence sont présentées au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman dans une scénographie spécialement conçue par l’artiste pour le bâtiment, à l’aide d’écrans translucides tendus le long des baies vitrées, créant de grands tableaux d’ombres portées.

Les dessins dans l’espace, qui se déploient dans les trois dimensions de la chambre, de l’atelier ou du musée, témoignent aussi de la fascination de l’artiste pour l’astronomie. Ils sont accompagnés de plusieurs séries de dessins bidimensionnels de grande dimension interrogeant notre perception de l’espace, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, et les phénomènes d’illusion optique propres à certains matériaux, tels que la soie et le verre.

Entamée en août 1999, au moment de la grande éclipse (c’est-à-dire à un moment de quasi évanouissement du vent) la Mémoire du vent se décompose en stations qui correspondent à des lieux différents : le Mexique ou la Suisse, le Maroc, l’Inde et l’Iran. Mémoire du vent est composée de dessins miniatures, tracés par le vent sur un support enduit de noir de fumée.

« J’avais fabriqué un appareil capteur très simple qui reçoit dans des boîtes de Pétri d’un diamètre de dix centimètres préalablement obscurcies par du noir de fumée, le tracé que compose, au gré du vent, la pointe aigue de tels ou tels végétaux : herbes, feuilles, fleurs, épines… Pendant un bref instant, si l’orientation est favorable, quelque chose a lieu et se dessine alors… »
Bernard Moninot

Les dessins du vent présentés dans l’exposition seront recueillis par l’artiste dans l’un des jardins de Menton, non loin du lieu d’exposition de ses oeuvres.


Galerie

 

  • ©André Morin
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  • ©Patrick Varotto
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