JEAN COCTEAU MENTON

Pendant la fermeture des Musées Jean Cocteau la découverte de l’œuvre de Jean Cocteau à Menton continue à la Salle des mariages

Cocteau, les Amoureux et le Bastion

Du 26/12/2018 au 22/04/2019


Date de publication : 27 décembre 2018

À partir du 26 décembre 2018, les Amoureux de Cocteau s’installent au Bastion pour une nouvelle exposition dans ce lieu incontournable de la culture à Menton.

L’occasion de découvrir une soixantaine d’œuvres – dessins, lithographies, manuscrits, céramiques, photographies – issues de la collection Severin Wunderman et de la collection historique laissée par le poète au Bastion. Quelques Innamorati – les Amoureux en Italien – y retrouvent leur place originelle.

Cette série de 21 dessins, exécutés aux crayons à la cire, raconte dans un style burlesque inspiré de la Commedia dell’arte les amours d’un pêcheur et d’une jeune femme de la Riviera.

Des amours qui trouveront une heureuse conclusion dans la salle des mariages de l’hôtel de ville imaginée par Cocteau comme un véritable hymne à l’amour. Et notre jeune couple officialisé vivra, peut-être, après la cérémonie une noce absurde et loufoque comme Cocteau s’est plu à l’imaginer dans les Mariés de la tour Eiffel. Sa collaboration avec sa grande amie, Irène Lagut (retirée quelques années plus tard à Menton), la troupe des Ballets Suédois et les compositeurs du Groupe des Six pour ce « ballet satirique » créé le 18 juin 1921 au théâtre des Champs-Elysées sous les bravos et les huées, est évoquée dans l’exposition au travers de nombreux dessins, lettres et photographies.

Des désirs et des œuvres Cocteau rencontre pour la première fois le visage de l’amour (platonique) dès 1900 au lycée Condorcet à Paris sous les traits d’un de ses camarades de classe, Dargelos. Une éducation sentimentale qui marquera toute son œuvre. Même si des femmes ont compté dans sa vie amoureuse comme l’actrice Madeleine Carlier ou la princesse russe Nathalie Paley, il n’aura de cesse de trouver l’union parfaite avec ses compagnons Raymond Radiguet, Jean Desbordes, Jean Marais, Edouard Dermit…, une quête de l’autre parfois à sens unique ou interrompue par la mort, mais toujours à l’origine de sa création polymorphe.

L’exposition décline ces images de l’amour avec, entre autres, le thème des étreintes où les corps imbriqués ne forment plus qu’un seul et même corps, les dessins de couples hindous inspirés des statues des temples, de personnages issus de l’Antiquité…

Une création qui n’hésite pas, parfois, à exprimer des fantasmes où le caractère érotique pourra peut-être heurter la sensibilité de certains visiteurs comme dans la série de dessins L’Odyssée ou Ulysse chez les Spermophages, présentée à part dans une des salles du musée.

Dans les écrits du poète cependant, l’amour est souvent lié à la souffrance « Aimer, c’est être aimé. C’est remplir une existence d’inquiétude. Hélas, n’être plus essentiel à l’autre, voilà notre torture  » ou encore cette citation d’une grande lucidité «  Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif, et son futur toujours conditionnel  ».

Le Bastion, un édifice princier pour le musée d’un poète

Le prince de Monaco, Honoré II, dans une ordonnance datée de 1618 « désire que, sur le roc isolé, marquant la pointe de l’éperon portant la ville fortifiée de Menton, soit édifié un Bastion qui avance dans la mer et devienne la tête de ladite cité pour la défendre des flottes ennemies  ».

Le fortin, auquel on accède par un pont mobile en bois, est terminé en 1636. Une petite garnison y assure la garde. Des siècles plus tard, en 1957, Cocteau découvre ce petit joyau de l’architecture défensive baroque alors qu’il décore la salle des Mariages.

Enthousiasmé par l’édifice et sa situation exceptionnelle face à la Méditerranée, il propose au maire de Menton, Francis Palmero, d’en faire son musée.

Aidé par son amie Irène Lagut, il laisse un véritable musée-testament qui n’ouvrira ses portes que 3 ans après sa disparition, le 30 avril 1966.