JEAN COCTEAU MENTON

La salle des mariages

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Salle des mariages

Hôtel de Ville
17 rue de la République
06500 Menton

Avec le Bastion, elle est l’autre don inestimable de Cocteau à Menton. Peinte entre 1957 et 1958, elle figure magnifiquement les amoureux de Menton, jusque dans leurs couleurs azur et ocre, dont les arabesques côtoient les figures mythlogiques chères au poète : Orphée, Eurydice, les Centaures...

Jean Cocteau consigne dans son journal une autre visite à Menton  :

« le maire voulait me montrer la salle des mariages pour que j’en décore les murs. »

En 1955, le conseil municipal décide en effet de réaménager son hôtel de ville, et notamment de transformer l’ancienne salle des tribunaux désaffectée en salle des mariages. La décoration est confiée au poète, nouvellement académicien, qui travaille en parallèle aux décors de la chapelle de Villefranche et qui créera également l’affiche du Festival de musique de Menton la même année. Jean Cocteau réalise ses premiers dessins pour la salle des mariages le 8 avril 1956.

Il définit rapidement les grands motifs principaux (Orphée, Eurydice, les centaures), ainsi que les couleurs dominantes (notamment inspirées des fleurs et plantes qui ont fait la réputation de Menton) mais n’attribue pas immédiatement un style graphique à ses compositions. Au cours de l’été 1957, il crée une forme d’écriture en arabesques colorées, qu’il nomme « style de Menton ».

Comme souvent chez Cocteau, la naissance d’un style est intrinsèquement liée à l’utilisation de nouveaux outils. En l’occurrence, les craies de couleurs. Le poète trace les lignes à la craie ; le peintre les repasse au pinceau. Dans les dessins préparatoires, apparait ainsi un enroulement de lignes semblables à des spirales ou des grecques.

Dès qu’il en trouve l’idée, Cocteau se lance sans retenue dans cette nouvelle entreprise et remplit méthodiquement tous les espaces vides de ses études sur papier puis de ses compositions murales. La salle des mariages, de fait, ne comporte aucun vide, aucun blanc. Les motifs décoratifs abstraits sont intégrés aux motifs figuratifs, les complètent.

« Le décor de la mairie se hâte vers sa fin. Les lignes s’enroulent et méandrent presque toutes seules » témoigne-t-il en 1957.

La salle des mariages est inaugurée le 22 mars 1958.

Tout dans cette salle magnifique a été conçu par la main du maître.

Les peintures murales bien entendu mais aussi les portes en bois à motifs en pointes de diamants, les tapis style léopard et les candélabres en bronze.

Durant deux années Cocteau, « fatigué de l’encre et de la table » comme il l’a écrit, s’est consacré à ce décor grandiose.

Point d’orgue de cette allégorie  : les portraits d’amoureux éternels y sont retracés dans un méandre de lignes.

Elle, coiffée de la capeline mentonnaise, lui, du bonnet de pêcheur méditerranéen. Au fond du panneau, le bleu et le blanc représentent les couleurs du drapeau de Menton, les éclats jaunes et orangé du soleil font référence à la grande richesse de la noce, une vision légère et onirique.

Avec tout de même de la négligence qui dans le mariage peut avoir de funestes effets : « Orphée en tournant la tête perdit sa femme et ses chants. Les hommes devinrent bêtes et les animaux méchants. » Ces mots prennent ligne dans une vasque fresque sur le mur de gauche. Eurydice meurt et Orphée, les yeux clos laisse tomber sa lyre.

Comme il est d’usage dans les salles de mariages municipales, l’allégorie de la République est présente, mais pas sous forme de buste : c’est dans des miroirs que Jean Cocteau a gravé ses fameuses Marianne gracieuses et énigmatiques.