Séquence 4

 

Serge Lido, Jean Cocteau et Édith Piaf répètent Le Bel Indifférent, 1940

Les nouveaux monstres sacrés

L’expression « monstre sacré » s’applique d’abord aux grands tragédiens de la jeunesse de Cocteau, mais il est tout autant fasciné par des artistes de son temps, pour lesquels il écrit.

La Voix humaine — Berthe Bovy

Cocteau confie à l’actrice Berthe Bovy, dont la carrière a été lancée par Sarah Bernhardt et aux côtés de laquelle elle a joué dans La Dame aux Camélias, le rôle unique de sa pièce La Voix humaine. Cette œuvre est marquée par la rencontre décisive avec celui qui deviendra son directeur artistique au théâtre comme au cinéma, Christian Bérard, qui signe ici les décors.

Les Monstres sacrés — Yvonne de Bray

Représentée pour la première fois sur la scène du théâtre Michel le 17 février 1940, avec des décors de Christian Bérard, dans une mise en scène d’André Brulé, cette pièce est écrite pour Yvonne de Bray. Alors interprète favorite de Cocteau, son caractère impossible inspire le rôle qu’elle incarne : Esther, une actrice et directrice de théâtre, qui représente toutes les grandes actrices du passé.

Le Bel Indifférent — Édith Piaf

Ce monologue a été écrit spécialement par Jean Cocteau pour son amie Édith Piaf et joué en lever de rideau de la pièce Les Monstres sacrés. « Laissez-moi adopter le style Stendhal pour vous dire que Madame Édith Piaf a du génie. Elle est inimitable. Il n’y a jamais eu d’Édith Piaf, il n’y en aura plus jamais. Comme Yvette Guilbert ou Yvonne George, comme Rachel ou Réjane, elle est une étoile qui se dévore dans la solitude nocturne du ciel de France. C’est elle qui contemple les couples enlacés qui savent encore aimer, souffrir et mourir. »