Dans de nombreuse œuvres plastiques ou filmés de Jean Cocteau, la végétation est une source d’inspiration. Plus qu’un décor, elle est étrange et traduit le mystère du vivant et la porosité entre l’homme et le monde. Elle respire, s’anime, et devient un miroir de l’âme.
Le film La Belle et la Bête (1946) se déroule dans un domaine fantastique où les plantes semblent dotées d’une âme. Les bras des candélabres s’étirent comme des branches, les rideaux ondulent tels des lianes, et la demeure de la Bête se mue en un jardin enchanté où la pierre, la chair et le feuillage se confondent. La végétation y symbolise le pouvoir de métamorphose, thème central chez Cocteau : l’homme se change en monstre, la mort se change en beauté, la rose devient visage.
Dans les dessins de Cocteau, la végétation est peuplée par des animaux fantastiques. Il leur donne vie dans sa mythologie personnelle, à travers des séries poétiques et humoristiques.
Tout un monde onirique empli de mystère et de transparence ! La métaphore du geste poétique lui-même !