Exposition « Démarche d’un poète »

 
Jean Cocteau, Étude pour la Belle et la Bête, vers 1946

Séquence « Rêves »

La séquence « Rêves » de l’exposition Démarche d’un poète, présentant des oeuvres de et sur Jean Cocteau issues de la collection du musée, est visible à l’étage sous-sol.

Hors de toute école, Jean Cocteau a construit son propre univers, empli de féerie et de merveilleux.

L’exposition présente son bestiaire fantastique composé de sphinx, de faunes et de licornes. Leurs premières apparitions dans l’œuvre de Jean Cocteau, à la fin des années 1940, relèvent de la poésie graphique. Au début des années 1950, ils investissent les murs de la villa Santo Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Le sphinx est le mythe que croise le poète dans les carrières des Baux-de-Provence dans son dernier film le Testament d’Orphée, tourné en 1959.

Cocteau adapte, selon son imaginaire, la légende médiévale de la licorne. Il lui donne souvent des traits humains.

Ces figures hybrides se rapportent aux deux référents mythologiques de Jean Cocteau : les faunes et les licornes sont issus du monde d’Orphée, le sphinx est Œdipien.

L’autre animal hybride auquel l’exposition consacre une place importante est le personnage de la Bête, interprété par Jean Marais dans le film la Belle et la Bête (1945). Adapté du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, ce long métrage inspira de nombreux réalisateurs dont François Truffaut et Ingmar Bergman. Georges Auric en écrit la musique et Christian Bérard signe les décors. La scénographie de cette séquence traduit l’ambiance fantastique de ce film : les gants de la Bête, créés par la maison Fabre, seront exposés pour la première fois à Menton.

Le film Orphée sort en 1950 : Jean Cocteau, qui incarne le rôle-titre, transpose le mythe dans le monde contemporain. Riche en effets spéciaux, il a bénéficié d’un casting impressionnant, de Jean Marais à Jean-Pierre Mocky.

Tous ces êtres fantastiques sont à l’image du poète : dans la marginalité et la solitude, dans la « Difficulté d’être ».