Le Parcours Muséographique

 
Affiche de l’exposition

D’après Valerio Adami, Sarasvati, déesse de la poésie, 2016
© ADAGP, Paris 2018

Valerio Adami, Ligne(s) de vie

Du 2 juin au 5 novembre 2018

Le style de Valerio Adami, développé à partir du milieu des années 1960, est reconnaissable entre mille. Il s’appuie sur un trait puissant, toujours tracé au pinceau en noir, délimitant le contour de chaque élément comme un cerne définitif. Ensuite vient la couleur sous forme d’aplats à l’acrylique, une couleur très intense et saturée s’appuyant sur une palette volontairement restreinte, jouant sur les effets de contraste ou au contraire de camaïeu. Les ombres sont notoirement absentes, définissant un style que l’on peut rapprocher de la « ligne claire », d’un effet cloisonniste, voire de l’apparence d’un vitrail. Tout au plus quelques lignes secondaires viennent-elles parfois suggérer les volumes des corps et des objets.

L’art de Valerio Adami est vaste et aborde des sujets d’une grande variété. Il se nourrit en particulier de grands thèmes qui traversent son œuvre de manière récurrente : les mythologies, l’intimité sous toutes ses formes, les voyages et les grandes figures de l’histoire mondiale, en particulier artistique. Ces thèmes sont la base des quatre séquences qui forment la trame du parcours muséographique de l’exposition proposée par le musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman à partir du 2 juin 2018.

Cet accrochage exceptionnel présente une soixantaine de toiles de l’artiste, pour certaines accompagnées de leurs dessins préparatoires, réparties sur tous les espaces d’exposition du rez-de-chaussée, soit une surface de 835 m².

Séquence 1

Mythes et métamorphoses

Comme d’autres avant lui, et notamment Jean Cocteau, Adami revisite les grands mythes de l’humanité au-delà de la seule mythologie gréco-romaine : « L’histoire religieuse m’attire comme cela s’est produit avec le mythe, ainsi je perds le goût du subjectif. » Il explore les épisodes bibliques avec son Retour du Fils prodigue, la légende arthurienne avec Lohengrin, le panthéon hindou avec Sarasvati, et même les superstitions modernes (à travers l’interprétation wagnérienne) avec les décors du Hollandais (...)

Séquence 2

Intimités

Le corps humain occupe très souvent une place centrale dans les toiles de l’artiste, dans une mise en scène qui rappelle parfois le pré-surréalisme de Giorgio de Chirico, et revêt ainsi une dimension métaphysique : « Tout est lié au corps humain : la tragédie de la vie, tous les états d’âme sont reliés à la forme du corps. »
Au fil du temps et des toiles, Adami développe une réflexion sur la condition humaine, par laquelle il explore les grands thèmes de l’existence : l’amour, le couple, le désir, la (...)

Séquence 3

Voyages

Infatigable voyageur, Valerio Adami parcourt le monde : Mexique, Argentine, Cuba, Brésil, Japon, Suisse, Israël… Invité à exposer dans de nombreux pays, ces déplacements forment souvent le point de départ de séjours approfondis et parfois répétés : ainsi la Grèce, où l’artiste part à la rencontre des mythes qui ont nourri l’histoire de l’humanité ; les États-Unis, où il installe un temps son atelier ; la Scandinavie, qu’il découvre à travers deux longs périples ; l’Inde enfin, qui devient dès son premier (...)

Séquence 4

Portraits et autoportraits

À partir de 1970, Adami multiplie ces portraits de grandes figures de l’histoire mondiale (Gandhi, Staline), de la littérature (James Joyce, Giacomo Leopardi, Gottfried Keller), de la philosophie (Walter Benjamin, Jacques Derrida), de la psychanalyse (Sigmund Freud), de la musique (Pierre Boulez, Giuseppe Verdi, Richard Wagner) et parfois du sport (le boxeur Bombardier Billy Wells). Ces œuvres s’inscrivent dans une démarche de recherches sur la mémoire : la mémoire en tant que faculté cognitive, (...)