2 - Rencontres

 
Jean Cocteau, Programme pour le Groupe des Six, 1927

L’amitié est importante pour Jean Cocteau qui a souvent lié ce sentiment à son univers créatif.

Dès 1916, il fréquente le quartier de Montparnasse à Paris. Quelques clichés pris par Jean Cocteau montrent ses amis artistes : Picasso, Kisling, Max Jacob…

« Je me félicite d’avoir été à l’école d’amitiés si nobles que leurs vertus avaient la puissance qu’on accorde d’habitude aux vices. A l’école de ceux qui aiment comme on déteste. A l’école de ceux qui ouvrent leur porte toute grande par crainte de refuser l’hôte inconnu. »
Jean Cocteau, Démarche d’un poète (Der Lebensweg eines Dichters, 1953), réédition Bernard Grasset, 2013

« Après une assez longue période où le succès me rendit aveugle (de 1910 à 1916), ce furent plusieurs grandes rencontres qui m’ouvrirent les yeux. Je suis né à vingt ans, en quelque sorte, à cet âge où Raymond Radiguet devait mourir, n’ayant jamais posé le pied sur les mauvaises routes et nous indiquant à quinze ans celles qu’il convenait de suivre. Les rencontres dont je parle, avant la sienne qui devait tant m’apprendre, furent les rencontres d’Igor Stravinsky et de Pablo Picasso ».
Jean Cocteau, Démarche d’un poète (Der Lebensweg eines Dichters, 1953), réédition Bernard Grasset, 2013

Les collaborations sont fructueuses et variées : depuis le Groupe des Six qu’il fonde en 1916 jusqu’aux farces Parade et les Mariés de la Tour Eiffel, il associe ses amis artistes à ses créations de théâtre, de cinéma et de musique. Il qualifie d’ailleurs le Groupe des Six d’ « amitié que les gens prirent pour une école et qui n’en était que la récréation ». L’accent est mis, dans cette exposition, sur la naissance de ces relations amicales qui dureront toute sa vie.

Pour Parade (1917), au théâtre du Châtelet, alors que Jean Cocteau écrit les textes, Picasso crée les décors, les costumes et le rideau de scène.

Le Bœuf sur le toit (1920), ballet-pantomime, est l’occasion pour l’artiste de travailler avec Raoul Dufy qui en signe les décors et le cartonnage, la musique étant confiée à Darius Milhaud.

La farce Les Mariés de la Tour Eiffel (1921) rassemble Georges Auric pour la musique et Irène Lagut pour les décors. Jean Cocteau entretiendra avec cette dernière une longue amitié qui se prolongera dans les années 1960, puisqu’il la retrouvera sur la Côte d’Azur.

Il travaille aussi pour le ballet Le Train bleu avec Diaghilev en 1924 ; en 1925 Jean Hugo réalise les décors et les costumes de son Roméo et Juliette

« Que dire des amitiés passionnées qu’il faut confondre avec l’amour et qui sont tout de même autre chose, des limites de l’amour et de l’amitié, de cette zone du cœur auquel des sens inconnus participent et que ne peuvent comprendre ceux qui vivent en série… »
Jean Cocteau, Opium, Stock, 1930

La liste est longue de ses amis artistes avec lesquels la rencontre a été importante : Stravinsky, Picasso, Satie, Modigliani, Georges Auric, Giorgio de Chirico, Raoul Dufy… Parmi eux, les poètes amis occupent une place majeure dans son panthéon lyrique : Rimbaud, Apollinaire, Max Jacob et bien sûr Radiguet – certaines des planches de son Bal du Comte d’Orgel, dessinées par Jean Cocteau, seront présentées dans cette séquence.

Enfin, il convient de ne pas oublier l’univers des acteurs qu’il a fait jouer et dont il est resté très proche à travers ses créations cinématographiques, sa poésie de cinéma.