Le Parcours Muséographique

 
Affiche de l’exposition

D’après Jean Cocteau, La nuit du corps humain, 1925
©Adagp 2016

Démarche d’un poète

À partir du 26 novembre 2016

« Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais à quoi. »
Jean Cocteau, Discours de réception de M. Jean Cocteau à l’Académie française, Gallimard, 1955.

« Qui sait écrire ? C’est se battre avec l’encre pour tâcher de se faire entendre. Ou bien on soigne trop sa besogne ou bien on ne la soigne pas assez. Rarement on trouve l’entre-deux qui boîte avec grâce. »
Jean Cocteau, La Difficulté d’être, Éditions du Rocher, 1957.

« Boitez comme Jacob après sa lutte avec l’ange. C’est à cette claudication divine que se reconnaît la démarche des poètes ».
Jean Cocteau, L’Impromptu du Palais-Royal, Gallimard, 1962.

Le nouveau parcours muséographique se déroulera en cinq séquences avec un fil conducteur : Cocteau poète.

De la « naissance » du poète dans les salons littéraires, introduit par Edouard de Max, à l’artiste souvent incompris qui s’identifie à des personnages mythologiques, l’accrochage dévoile un Jean Cocteau intime et confidentiel qui se définit d’abord en tant que poète quel que soit le support qu’il aborde. De l’écriture au cinématographe, la poésie imprègne son œuvre : poésie de théâtre, poésie de roman, poésie de cinéma...

« A l’âge de vingt ans, après quelques graves erreurs de jeunesse, je suis entré dans la poésie comme on entre dans les ordres. »
Jean Cocteau, Requiem, Gallimard, 1962.

Les rencontres artistiques sont autant de jalons importants dans son œuvre créatrice : Guillaume Apollinaire, le Groupe des Six, Raymond Radiguet…

La dernière séquence s’ouvre sur l’univers onirique de Jean Cocteau et le monde mystérieux de la Belle et la Bête. Ce monde poétique est peuplé d’un bestiaire propre à l’artiste aux confins des rêves et inspiré des contes.

1 - Écrire avec son sang

« Une ligne droite peut être méandreuse et […] les règles admises n’ont rien de commun avec les nôtres, je veux dire avec celles des écrivains qui laissent couler leur sang par le bec de leur plume. » Jean Cocteau, Le cordon ombilical, Plon, 1962.
« […] je me suis mêlé à mon encre assez étroitement pour que le pouls y batte. » Jean Cocteau, La Difficulté d’être, Éditions du Rocher, 1957.
Le parcours débute par le premier volet de la trilogie cinématographique de Jean Cocteau, le Sang d’un poète, présent au (...)

2 - Rencontres

L’amitié est importante pour Jean Cocteau qui a souvent lié ce sentiment à son univers créatif.
Dès 1916, il fréquente le quartier de Montparnasse à Paris. Quelques clichés pris par Jean Cocteau montrent ses amis artistes : Picasso, Kisling, Max Jacob…
« Je me félicite d’avoir été à l’école d’amitiés si nobles que leurs vertus avaient la puissance qu’on accorde d’habitude aux vices. A l’école de ceux qui aiment comme on déteste. A l’école de ceux qui ouvrent leur porte toute grande par crainte de refuser (...)

3 - Poétique de la peinture...

...ou Peindre sans être peintre
Jean Cocteau franchit le pas de l’écriture au dessin sous l’impulsion de Picasso à partir des années 1920. Puis toujours guidé par lui, il débute la peinture au début des années 1950.
De la poésie graphique, il passe alors à la peinture puis aux murs peints.
« Je n’avais jamais osé peindre. Je dessinais parce que le dessin est une écriture nouée autrement, la peinture, la gravure, la lithographie m’effrayaient. Je n’osais m’attaquer à des surfaces qui se défendent et se (...)

4 - L’Engagement solitaire

Cette séquence montre l’incompréhension à laquelle a été confronté Jean Cocteau, notamment en raison de cette pluridisciplinarité qui lui a été reprochée. Il est souvent considéré comme frivole et superficiel, car sa carrière et sa vie mondaine sont intimement liées. Son aspect dandy lui a porté préjudice. Cocteau incompris, Cocteau Ecce Homo… mais aussi Cocteau, créateur libre.
« Je suis un anachronisme, un homme libre. Je connais mal le dessous des cartes. Je le devine, hélas, plus simple qu’on ne le pense. (...)

5 - Rêves

Hors de toute école, Jean Cocteau a construit son propre univers, empli de féerie et de merveilleux.
L’exposition présente son bestiaire fantastique composé de sphinx, de faunes et de licornes. Leurs premières apparitions dans l’œuvre de Jean Cocteau, à la fin des années 1940, relèvent de la poésie graphique. Au début des années 1950, ils investissent les murs de la villa Santo Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat.
Le sphinx est le mythe que croise le poète dans les carrières des Baux-de-Provence dans son (...)

Le Bastion

Cette année, le Bastion remet à l’honneur la collection historique, choix d’œuvres laissées par Cocteau à Menton pour la création du musée qui s’ouvrit en 1966, trois ans après sa mort. Quelques œuvres issues de la collection Séverin Wunderman viendront compléter cet accrochage.
Les célèbres pastels, les séries des Innamorati (1961) et des Faunes, les tapisseries de Judith et Holopherne et de l’Âge du Verseau, les céramiques sont à admirer dans l’espace que l’artiste a lui-même conçu pour y abriter son (...)